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Transparence salariale en Grèce : le guide pour les entreprises

Transparence salariale
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Transparence salariale en Grèce : le guide pour les entreprises
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Depuis juillet 2026, la Grèce fait partie des premiers États membres de l'UE à avoir entièrement transposé la directive européenne sur la transparence salariale dans son droit national. La loi grecque fixe aux employeurs un cadre clair et un délai de préparation relativement court : une grande partie des obligations principales s'appliquent dès le 1er novembre 2026.

Les employeurs devront aller au-delà du seul reporting et s'assurer que les systèmes qui le sous-tendent sont prêts à être examinés de près, des structures de rémunération aux catégories de salariés, en passant par les processus de recrutement et les demandes d'information des salariés.

Voici ce qu'impose la loi grecque, les spécificités nationales à connaître et les priorités sur lesquelles les employeurs doivent se concentrer en premier.

La transposition en Grèce en un coup d'œil

aa La transposition en Grèce en un coup d'œil
Thème Situation en Grèce
Statut de la transposition Adoptée. Loi 5316/2026 publiée le 6 juillet 2026. La plupart des dispositions applicables aux employeurs entrent en vigueur le 1er novembre 2026.
Texte de référence Loi 5316/2026 relative au renforcement de l'application du principe d'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale, et autres dispositions – Transposition de la directive (UE) 2023/970.
Première échéance pour les employeurs Les principales obligations de transparence s'appliquent à partir du 1er novembre 2026. Le reporting sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes débute le 7 juin 2027 pour les employeurs de 150 salariés et plus, et le 7 juin 2031 pour ceux de 100 à 149 salariés.
Principales obligations des employeurs Structures de rémunération objectives ; transparence salariale au recrutement ; interdiction de demander l'historique de rémunération ; demandes d'information des salariés sur leur rémunération ; reporting sur les écarts de rémunération femmes-hommes ; évaluations conjointes des rémunérations ; voies de recours en matière d'égalité salariale.
Points de vigilance Un contrôle dédié assuré par l'Inspection du travail et le Médiateur grec ; un délai d'un an pour corriger les écarts de rémunération injustifiés après une évaluation conjointe des rémunérations ; plusieurs textes d'application encore attendus.

La loi grecque sur la transparence salariale en détail

La Grèce a transposé la directive européenne sur la transparence salariale en modifiant son Code du travail. La plupart des obligations des employeurs s'appliquent à partir du 1er novembre 2026, ce qui laisse aux organisations peu de temps pour se préparer. Voici ce que les employeurs doivent savoir.

La loi grecque sur la transparence salariale en détail
Thème Position de la Grèce
Employeurs concernés Les règles de transparence s'appliquent principalement aux employeurs relevant du Code du travail modifié, y compris l'emploi salarié du secteur privé et certains employeurs du secteur public. Les obligations de reporting commencent à partir de 100 salariés.
Transparence salariale pour les candidats Les candidats doivent recevoir le salaire de départ ou la fourchette de rémunération, ainsi que les dispositions pertinentes de la convention collective applicable, avant l'entretien (ou avant la signature du contrat de travail en l'absence d'entretien). Ces informations peuvent être communiquées à l'oral ou par écrit.
Interdiction de demander l'historique de rémunération Les employeurs ne peuvent pas interroger les candidats sur leur rémunération actuelle ou passée pendant le recrutement.
Droit des salariés à l'information sur la rémunération Les salariés peuvent demander leur niveau de rémunération individuel ainsi que le niveau de rémunération moyen, ventilé par sexe, des salariés effectuant un même travail ou un travail de valeur égale. Les employeurs doivent répondre dans un délai de deux mois et rappeler chaque année ce droit aux salariés. Les demandes peuvent aussi passer par le Médiateur grec.
Critères de fixation et de progression des rémunérations Les employeurs doivent disposer de structures de rémunération écrites et vérifiables, fondées sur des critères objectifs et neutres du point de vue du genre. Les salariés doivent avoir accès aux critères utilisés pour déterminer la rémunération, les niveaux de rémunération et leur progression. Les employeurs de moins de 50 salariés sont dispensés de communiquer les critères de progression.
Travail de valeur égale Les postes doivent être évalués selon des critères objectifs et neutres du point de vue du genre, notamment les compétences, les efforts, les responsabilités et les conditions de travail. Les catégories de salariés sont définies par l'employeur (ou par une convention collective applicable) à partir de ces mêmes critères.
Reporting sur les écarts de rémunération femmes-hommes Les employeurs de 250 salariés et plus publient un rapport chaque année à partir de juin 2027. Ceux de 150 à 249 salariés publient un rapport tous les trois ans à partir de juin 2027. Ceux de 100 à 149 salariés publient un rapport tous les trois ans à partir de juin 2031. Les employeurs de moins de 100 salariés peuvent le faire sur une base volontaire.
Évaluations conjointes des rémunérations Obligatoires lorsque le reporting fait apparaître, au sein d'une catégorie de salariés, un écart de rémunération femmes-hommes inexpliqué d'au moins 5 % qui n'est pas corrigé dans un délai de six mois. Les mesures correctives doivent être mises en œuvre dans un délai d'un an après la communication de l'évaluation.
Définition de la rémunération La « rémunération » comprend le salaire de base ou minimum ainsi que tous les autres avantages versés en espèces ou en nature, y compris les compléments de salaire et la rémunération variable. Le reporting sur les écarts de rémunération repose sur la rémunération annuelle brute et la rémunération horaire brute, incluant ces éléments complémentaires.
Contrôle et sanctions La Grèce met en place une procédure dédiée auprès de l'Inspection du travail, renforce le rôle du Médiateur, aménage la charge de la preuve dans certains cas et prévoit des amendes administratives, des indemnisations ainsi qu'un registre public des employeurs sanctionnés. Certaines modalités de contrôle, dont le montant des amendes, doivent encore être précisées par des textes d'application.

Analyse : ce que la loi grecque change en pratique

La loi grecque suit en grande partie la directive, avec des conséquences sur plusieurs étapes étroitement liées du processus de rémunération des employeurs. Voici les principales priorités pratiques.

1. Les employeurs doivent disposer de structures de rémunération documentées et objectives avant le début du reporting

Les premiers rapports sur les écarts de rémunération des employeurs grecs sont attendus en juin 2027. Mais les principales obligations de transparence s'appliquent plus tôt, dès le 1er novembre 2026. Elles incluent l'obligation de disposer de structures de rémunération écrites et vérifiables, fondées sur des critères objectifs et neutres du point de vue du genre, comme les compétences, les efforts, les responsabilités et les conditions de travail.

Ces structures ne comptent pas seulement pour le reporting. Elles détermineront aussi la manière dont les employeurs fixent et expliquent les rémunérations, évaluent le travail de valeur égale, répondent aux demandes d'information des salariés et justifient les décisions de progression.

Les employeurs qui s'appuient encore largement sur la discrétion des managers, sur des pratiques de fixation des salaires hétérogènes ou sur des critères mal documentés ont un travail conséquent à mener avant l'entrée en vigueur de la loi. Et comme ces mêmes structures serviront de base au reporting futur, il ne faut pas attendre l'approche de la première échéance. Les employeurs grecs qui n'ont pas encore commencé à revoir leurs structures de rémunération doivent en faire une priorité dès maintenant.

2. Les catégories de salariés sous-tendront plusieurs obligations

Une grande partie des nouvelles obligations de la loi grecque repose sur un seul élément : la façon dont les employeurs regroupent les postes comparables. Ils devront définir des catégories de salariés effectuant un même travail ou un travail de valeur égale, à partir de critères objectifs et neutres du point de vue du genre, comme les compétences, les efforts, les responsabilités et les conditions de travail. Lorsqu'une convention collective appropriée définit déjà ces catégories, les employeurs peuvent s'en servir.

Ces catégories deviendront la colonne vertébrale de plusieurs obligations, notamment :

  • les demandes d'information des salariés sur leur rémunération ;
  • le reporting sur les écarts de rémunération femmes-hommes ;
  • les comparaisons entre un même travail ou un travail de valeur égale ;
  • les évaluations conjointes des rémunérations.

Les employeurs dotés d'une architecture des emplois solide auront une longueur d'avance, mais classer les salariés selon le principe du travail de valeur égale demandera tout de même une évaluation rigoureuse. Ceux dont les intitulés de poste, les descriptions ou les niveaux sont incohérents auront probablement davantage de travail préparatoire. Bien poser ces bases tôt facilitera l'ensemble de la mise en conformité.

3. Le reporting exigera des données de rémunération globale, et pas seulement le salaire de base

Pour préparer leurs rapports sur les écarts de rémunération femmes-hommes, les employeurs grecs devront aller au-delà du salaire de base. La loi leur impose de déclarer à la fois la rémunération annuelle brute et la rémunération horaire brute, en tenant compte de l'ensemble des éléments de rémunération perçus par les salariés.

Cela comprend :

  • le salaire de base ;
  • les primes et la rémunération variable ;
  • les indemnités ;
  • les avantages en nature ;
  • les autres compléments de salaire.

Ces données devront aussi être traitées de manière cohérente pour les salariés à temps partiel et les intérimaires. Pour certains employeurs, cela impliquera de rassembler des données aujourd'hui dispersées entre des outils de paie, de SIRH et de gestion des avantages sociaux distincts.

Et le reporting n'est qu'un début. Si les résultats déclenchent une évaluation conjointe des rémunérations, les employeurs devront analyser les écarts et corriger toute différence injustifiée. Sur ce point, la Grèce va plus loin que la directive en fixant un délai précis : les mesures correctives doivent être menées à bien dans un délai d'un an après la communication de l'évaluation.

4. Les employeurs ont besoin d'un processus pour répondre aux litiges formels en matière de rémunération

La loi grecque prévoit une procédure formelle de traitement des litiges relatifs à l'égalité salariale auprès de l'Inspection du travail. Dans ce cadre, les employeurs peuvent être amenés à fournir les critères qu'ils utilisent pour fixer les rémunérations, ainsi que les données de rémunération des salariés de référence. Le Médiateur grec, organisme national indépendant chargé de l'égalité, peut également rendre un avis motivé et accompagner les salariés dans l'exercice de leur droit à l'information sur la rémunération.

En pratique, les litiges salariaux vont reposer de plus en plus sur des preuves. Il ne suffira plus à un employeur d'affirmer qu'un écart de rémunération est justifié : il devra démontrer quels critères ont été utilisés, comment ils ont été appliqués et pourquoi ils ont conduit à tel résultat.

Les employeurs auront donc besoin de responsabilités internes clairement définies et d'une documentation fiable. Les RH, les managers et les équipes juridiques peuvent tous être mis à contribution : mieux vaut décider à l'avance qui se chargera de rassembler et de vérifier les informations. Les employeurs sanctionnés pour des manquements à l'égalité salariale pouvant figurer dans un registre public, un risque réputationnel entre également en jeu.

Les étapes clés de préparation pour les employeurs en Grèce

La plupart des nouvelles obligations de transparence salariale en Grèce s'appliquent à partir du 1er novembre 2026, ce qui laisse peu de temps aux employeurs pour se préparer. Voici les priorités :

  • Revoir les structures de rémunération et documenter des critères objectifs et neutres du point de vue du genre.
  • Définir les catégories de travail égal ou de valeur égale.
  • Aligner les intitulés de poste, les niveaux et les grilles salariales sur ces catégories.
  • Cartographier la rémunération globale, y compris les primes, les indemnités et les avantages en nature.
  • Vérifier que la rémunération annuelle et horaire peut être calculée de manière cohérente, y compris pour les salariés à temps partiel et les intérimaires.
  • Mettre à jour les processus de recrutement et supprimer les questions sur l'historique de rémunération.
  • Mettre en place un processus pour le rappel annuel aux salariés et le traitement des demandes écrites d'information sur la rémunération.
  • Désigner qui gérera les dossiers impliquant l'Inspection du travail ou le Médiateur grec.
  • Documenter clairement les décisions de rémunération et les éventuelles exceptions.
  • Se préparer aux évaluations conjointes des rémunérations et au délai de correction d'un an propre à la Grèce.

En savoir plus sur la directive sur la transparence salariale

La loi grecque suit de près la directive européenne sur la transparence salariale, mais les employeurs disposent de relativement peu de temps pour se préparer. Les organisations qui commencent dès maintenant à revoir leurs structures de rémunération, leurs catégories de salariés et leurs données de rémunération seront bien mieux placées pour se conformer aux nouvelles exigences et expliquer leurs décisions salariales en toute confiance.

Pour une vue d'ensemble de la directive et de sa transposition dans les différents pays, consultez notre guide complet sur sa mise en œuvre.

Prêt·e pour la directive ? Nous vous aidons à construire une politique de rémunération que vous pourrez expliquer à vos équipes, à vos candidats et aux autorités de contrôle.

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Mégane Gateau
Mégane Gateau
Mégane Gateau is VP Marketing at Figures, where she blends strategic marketing with a deep curiosity for HR topics like compensation, equity, and transparency. She’s passionate about making complex ideas accessible and driving conversations that matter in the future of work.
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