🗝 Les points clés :
- L’écart salarial global entre les femmes et les hommes en France dans le secteur privé est de 22,2 % selon l’INSEE (2023).
- Les salariées touchent donc seulement 77,8 % du revenu salarial de leurs collègues masculins, tous temps de travail confondus.
- À volume de travail égal, l’écart de salaire femmes-hommes en entreprise est de 14 %. Et, à poste équivalent, il passe à 4 %.
- Ces chiffres révèlent que les écarts salariaux entre les genres sont surtout causés par un inégal accès aux emplois les mieux payés et une réduction de la durée du travail souvent liée à la parentalité.
- Ces constats se retrouvent dans le secteur public. À durée de travail identique, les agentes de la fonction publique sont rémunérées 12,2 % de moins que leurs homologues du sexe opposé.
- Dans la fonction publique comme dans le privé, les inégalités de salaires femmes-hommes tendent à diminuer (de 34 % en 1995 à 22,2 % en 2023 dans le privé).
- Au rythme actuel, l’équité salariale entre les femmes et les hommes ne sera atteinte que dans un siècle et demi (142 ans).
- L’entrée en vigueur, en 2026, de la réglementation européenne sur la transparence et l’égalité des rémunérations pourrait accélérer la réduction des écarts salariaux femmes-hommes.
Les collaboratrices de votre équipe C&B travaillent d’arrache-pied.
Mais, à 17 heures, Sophia doit partir chercher ses enfants à la garderie, tandis que Chloé réfléchit à se mettre à mi-temps pour s’occuper des siens… C’est sûr, leur paie va en prendre un coup.
Parallèlement, les gaillards de votre service IT font souvent des heures sup’. Suite à l’arrivée de son petit dernier, Théo, votre DevOps, envisage même de vous demander une augmentation.
« Le décalage de rémunération avec Chloé et Sophia, qui ont pourtant le même nombre d’années dans la boîte, va être vraiment important », vous dites-vous.
Et vous avez raison, même si ce n’est finalement pas si surprenant…
Votre entreprise ne fait pas mentir les statistiques : l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 22,2 %. Les causes principales ? Des emplois et un volume de travail différents, surtout en cas de parentalité.
Ces explications vous font penser que le « gender pay gap » est une fatalité ? Haut les cœurs! Les chiffres, interprétations et projections peuvent laisser espérer une réduction de l’écart salarial entre les sexes dans les prochaines années.
Et, bonne nouvelle, en tant que dirigeant, RH ou C&B, vous allez pouvoir contribuer à l’atteinte de l’équité salariale femmes-hommes ! Figures fait le bilan de la situation et vous explique comment passer à l’action pour réduire les inégalités salariales. Bonne lecture!
Écarts salariaux femmes-hommes : notions et chiffres clés pour tout comprendre
L’avez-vous remarqué ? Les chiffres mentionnés pour parler des écarts salariaux entre les femmes et les hommes ne sont pas toujours les mêmes.
22,2 %, 14 % ou 4 % : à quoi correspondent ces pourcentages ? Et qu’est-ce que l’écart revenu salarial femmes-hommes finalement ? On fait le point.
Qu’est-ce que l’écart salarial homme-femme ? Définition et Méthode de calcul.
👉 L’écart salarial entre les sexes correspond à la différence entre le revenu salarial annuel moyen des hommes et celui des femmes.
Les écarts salariaux hommes-femmes sont habituellement exprimés en pourcentage du salaire masculin (qui sert de base 100 %). Lorsque vous lisez « en 2023, l’écart de salaire hommes-femmes est de 22,2 % », cela signifie que la rémunération annuelle moyenne des femmes est inférieure de 22,2 % à celle des hommes.
On peut aussi dire que le revenu des femmes correspond à 77,8 % seulement de celui des hommes.
🧮 Pour rendre tout cela plus concret, faisons un petit exercice de math en conditions réelles :
En 2023, dans le privé, selon l’INSEE, le salaire annuel moyen des salariées est de 21 340 euros et celui des salariés de 27 430 euros. Le salaire des femmes correspond donc à (21 340 €/27 430 €) x 100 = 77,8 % de celui des hommes. Résultat, l’écart salarial entre les collaborateurs des deux genres est de 100 % - 77,8 % = 22,2 % (le revenu des hommes représente 100 %).
Écart salarial global, à temps de travail égal ou à emploi équivalent : quelles différences ?
Pour dresser un état des lieux exhaustif de la situation des inégalités salariales et professionnelles en France, l’INSEE calcule différents types d’écarts salariaux hommes-femmes. Vous vous perdez un peu entre les « tous temps de travail confondus », « pour un même volume de travail » et « à poste équivalent » ? C’est bien normal. Une explication s’impose :
📌 L’écart de salaire global correspond à la différence entre le salaire annuel moyen des hommes et celui des femmes.
Cet indicateur compare les rémunérations tous temps de travail confondus (temps complet, temps partiel, heures supplémentaires) et tous postes confondus (secteurs d’activité, niveaux hiérarchiques, etc.).
L’écart salarial global donne une idée générale des inégalités de revenu et professionnelles entre les genres.
En France, selon les derniers chiffres de l’INSEE, l’écart salarial global hommes-femmes est de 22,2 %. En moyenne, les secondes gagnent près d’un quart de moins que les premiers.
📌 L’écart de salaire à temps de travail identique traduit la différence de rémunération entre les sexes pour un même volume de travail, exprimé en équivalent temps plein (EQTP).
Ce chiffre permet d’évaluer le décalage de revenu entre les femmes et les hommes si tous travaillaient à temps plein toute l’année, donc le même nombre d’heures.
En 2023, l’écart de salaire hommes-femmes à durée de travail égale s’élève à 14 %. Cela signifie qu’une salariée gagne en moyenne 14 % de moins qu’un salarié pour le même temps de travail.
Lorsqu’on compare ce chiffre au précédent (14 % contre 22 %) on constate que le facteur « temps de travail » explique une partie des écarts salariaux entre les genres.
Concrètement, les femmes travaillent davantage à temps partiel et sont moins en emploi au cours de l’année (nous verrons pourquoi), ce qui explique partiellement la différence de salaire globale avec les hommes.
Cependant, même à temps de travail identique, les salariées sont moins rémunérées que les salariés (-14 %). Une part conséquente de la disparité salariale hommes-femmes reste donc à expliquer.
📌 L’écart de salaire à poste égal et à temps de travail exprime la différence de revenu entre les genres pour un même volume de travail et pour un emploi équivalent (même poste, même employeur).
Cette statistique permet d’estimer les disparités de salaires entre les femmes et les hommes lorsqu’ils exercent le même emploi (niveau hiérarchique et métier) dans la même entreprise.
En 2023, lorsqu’un homme et une femme occupent des fonctions équivalentes et travaillent un même nombre d’heures, la différence de rémunération entre eux est en moyenne de 3,8 % selon l’INSEE.
Ce chiffre montre que même lorsqu’elles exercent au même niveau de responsabilité et dans les mêmes domaines que leurs homologues masculins, les salariées sont moins payées que ceux-ci.
Quand on le compare avec les précédents, cet indicateur révèle que le facteur « type de métier exercé » joue un rôle important dans l’écart de salaire hommes-femmes.
💡En clair, les femmes gagnent moins non seulement parce qu’elles ont moins la possibilité d’enchaîner les heures, mais aussi, car elles accèdent moins aux métiers, positions et secteurs les mieux payés.
Étonnant lorsque l’on sait qu’elles sont en moyenne plus éduquées : 58 % des filles obtiennent un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 47 % des garçons.
L’état des lieux des inégalités salariales femmes-hommes
Les dernières statistiques sur les écarts salariaux hommes-femmes en France démontrent que, dans le secteur privé comme dans la fonction publique, les travailleuses sont encore moins payées que leurs pairs.
Entrons un peu plus dans le détail avec un petit bilan chiffré basé sur les études les plus récentes de l’INSEE et de l’administration :
L’écart salarial femmes-hommes dans le secteur privé
Selon les dernières statistiques publiées par l’INSEE, en 2023, dans le secteur privé :
👉 L’écart de salaire moyen annuel global entre les femmes et les hommes en France est de 22,2 %.
En moyenne, sur une année, les femmes gagnent près d’un quart de salaire en moins que les hommes.
👉 L’écart de rémunération femmes-hommes pour un temps de travail identique (EQTP) est de 14,2 %.
Si elles travaillent autant d’heures que leurs homologues masculins, les salariées sont payées seulement 85,8 % du salaire de ceux-ci.
👉 L’écart de revenu hommes-femmes pour un poste équivalent et un même volume de travail est de 3,8 %.
Dans des professions similaires et chez des employeurs comparables, les femmes sont donc près de 4 % moins rémunérées que les hommes.
En pratique, lorsqu’un collaborateur perçoit 33 000 euros par an, une collaboratrice touche 1254 euros de moins, soit 31 746 euros…
📈 Les écarts salariaux entre les hommes et les femmes augmentent avec l’avancement dans la carrière.
Toujours selon l’INSEE, la différence de salaire globale entre les salariés des deux sexes fraîchement sortis d’étude est de 2 %.
Concrètement, quand le jeune Paul gagne en moyenne 1600 euros par mois, Emma, diplômée depuis peu, touche 1570 euros.
L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes ayant terminé leur formation depuis 11 ans ou plus atteint pour sa part 24 %.
En pratique, lorsque Guillaume est payé 2100 euros mensuels, Emilie est donc rémunérée 1700 euros. Aïe !
👥 La parentalité accentue les écarts de salaires femmes-hommes.
Les derniers chiffres de l’INSEE à ce propos sont sans équivoque : les pères touchent un salaire 23 % plus élevé que les mères.
Par comparaison, la différence de rémunération entre les femmes et les hommes sans enfants est de 7 %.
Le décalage important entre les revenus des parents de sexes opposés est (notamment) dû à un double phénomène :
- Les mères perdent 2 à 3 % de salaire après la naissance d’un enfant.
- Parallèlement, à poste égal, la rémunération des pères augmente de 3 %.
Quand papa prend l’ascenseur, maman descend l’escalier…
L’écart de salaire hommes-femmes dans la fonction publique
En matière d’écarts salariaux dans le secteur public, les chiffres les plus récents décrivent une situation un peu moins inquiétante que celle du privé, mais comparable.
Selon l’INSEE, en 2023, dans les ministères et établissements publics :
👉 L’écart de salaire net moyen entre les hommes et les femmes à temps de travail égal (en EQTP) est de 12,2 %.
Pour un même nombre d’heures travaillées, les femmes agents de la fonction publique d'État (FPE) gagnent donc, en moyenne, 12,2 % de moins que leurs collègues masculins.
👉 L’écart salarial entre les agents publics des deux genres pour un même poste est de 2,6 %.
Une femme agente publique gagne donc un salaire 2,6 % inférieur à celui d’un agent homme relevant d’un grade, d’un statut et d’un employeur identiques.
Le ministère de l’action et des comptes publics livre des détails concernant les écarts salariaux entre les fonctionnaires hommes et femmes dans les ministères :
- L’écart de salaire global entre les femmes et les hommes fonctionnaires travaillant dans un ministère est de 10,6 % en 2024.En moyenne, chaque mois, les fonctionnaires femmes gagnent ainsi 442 euros bruts de moins que leurs collègues masculins.
- L’écart salarial à durée de travail égale entre hommes et femmes fonctionnaires des ministères est de 8,8 %.
- L’écart de salaire à temps de travail, métier et avancement identiques entre les femmes et hommes fonctionnaires des ministères est de 2,2 %.
Quelles sont les causes de l’écart salarial hommes-femmes ? Explications.
Pourquoi y a-t-il une inégalité de salaire entre les hommes et les femmes ? Vous avez trois heures.
Pour gagner du temps, lisez ce qui suit.
👉 Selon l’INSEE, deux facteurs principaux expliquent l’écart salarial entre les femmes et les hommes en France :
- Une différence de temps de travail entre femmes et hommes, en grande partie liée à une inégale répartition de la charge parentale ;
- Un moindre accès aux secteurs et emplois les mieux payés pour les femmes, en particulier lorsqu’elles ont des enfants.
Explications.
Un volume de travail inégal, en lien avec la parentalité
L’écart de revenu salarial entre hommes et femmes s’explique avant tout par une inégalité de temps de travail.
👉 Selon l’INSEE, 26,6 % des salariées sont à temps partiel, contre 7,8 % des salariés hommes.
Si ce rythme de travail peut relever d’un choix personnel, les statistiques tendent à montrer qu’il est avant tout lié à la vie de famille.
En effet :
- Parmi les femmes ayant deux enfants à charge, 29 % travaillent à temps partiel, contre 5 % des hommes ;
- Parmi les salariées ayant trois enfants à charge ou plus, 35 % des salariées sont à temps partiel, contre 7 % des pères.
La réduction du temps de travail des femmes est donc corrélée à leur nombre d’enfants.
Parallèlement, la durée de travail des pères est peu impactée par l’accroissement des responsabilités parentales.
Une observation qui pose la question de la répartition des rôles parentaux au sein des couples hétérosexuels.
👉 La progression salariale des femmes est aussi freinée par les interruptions de carrière expérimentées par les mères.
Toujours selon l’INSEE :
- Dans 42 % des couples avec de jeunes enfants, les pères travaillent à temps plein tandis que les mères sont sans emploi, en congé long, au chômage ou à temps partiel.
- 79 % des mères de deux enfants (dont un de moins de 3 ans) et 54 % des mères de trois enfants ou plus (dont un de moins de 3 ans) sont en emploi, contre 96 % et 92 % des pères.
Comme le dit une célèbre chanson : « Papaoutai ? »
Réponse : au bureau.
Un accès inégal aux emplois les mieux rémunérés
Bonne nouvelle, toujours selon l’INSEE, les femmes, fonctionnaires comme salariées, sont de plus en plus représentées parmi les cadres.
Elles occupent par exemple 57 % des emplois dans les professions scientifiques, constituent 52 % des cadres administratifs et commerciaux et 50 % des cadres de la fonction publique.
👉 En revanche, les femmes restent dans l’ensemble cantonnées aux métiers, secteurs d’activité et niveaux hiérarchiques qui paient le moins.
Dans les professions du numérique, les femmes ne représentent par exemple que 24 % des emplois.
Un chiffre exactement équivalent (24 %) à la proportion de femmes parmi la population totale d’ingénieurs en France.
Concrètement, alors qu’elles comptent pour près de 50 % des salariés dans le secteur privé, les femmes ne représentent que :
- 29 % des cadres dirigeants.
- 24 % des 1 % des salariés les mieux payés.
Une situation qui se reproduit dans la fonction publique où 65 % des agents sont des agentes, mais où celles-ci ne représentent que :
- 44 % des fonctions d’encadrement supérieur et de direction.
- 39 % des 1 % des personnes les mieux rémunérées.
👉 La charge familiale, et son inégale répartition entre les pères et les mères, pourrait expliquer la faible présence des femmes dans des postes permettant de toucher de hauts salaires.
En effet, comme le souligne l’INSEE, les « inégalités d’accès aux emplois les mieux rémunérés sont particulièrement élevées parmi les salariés ayant des enfants […] »
D’ailleurs, en 2017, l’écart de salaire pères-mères pour un même temps de travail était de 21 % à partir de deux enfants et de 31 % au-delà de trois enfants, contre 7 % pour les personnes sans enfant.
Or, si les mères perçoivent un revenu inférieur à celui de leurs conjoints ou co-parents alors qu’elles travaillent autant que ceux-ci, c’est qu’elles occupent des postes moins bien payés : CQFD.
Selon les analyses, la sous-représentation des femmes parmi les emplois les mieux payés pourrait découler d’une tentative pour les mères de concilier emploi et responsabilités familiales.
Afin d’endosser ces dernières, les mères auraient par exemple tendance à choisir des emplois proches de leur domicile (et des écoles) ou offrant des conditions de travail flexibles, plutôt que de hauts salaires.
Les interruptions de carrière et le travail à temps partiel, souvent associées à la parentalité, représentent également un frein dans la progression professionnelle des mères et dans leur évolution salariale.
Causes des écarts salariaux hommes-femmes à temps de travail et poste égaux
La difficulté pour les femmes, et en particulier pour les mères, de travailler autant d’heures que les hommes explique une partie de l’écart salarial hommes-femmes global (22 %).
L’inégal accès des femmes aux postes les mieux payés, là encore souvent en raison de la parentalité, explique pour sa part la différence de rémunération à temps de travail égal (14 %).
Reste (si vous avez bien suivi) un delta de 4 % (3,8 %, pour être précis) entre le revenu moyen des femmes et celui des hommes à volume de travail identique et chez le même employeur.
Quid de cette disparité ? Comment la justifier ? La question reste ouverte. L’INSEE suggère que ce décalage pourrait découler de niveaux d’ancienneté, de diplôme ou d’expérience différents.
Ailleurs, des « inégalités intra-entreprise » ont pu être mentionnées parmi les facteurs explicatifs d’un tel écart de rémunération. En clair, à productivité équivalente certaines entreprises rémunéreraient moins les profils féminins.
En cause, notamment, les mécanismes de négociation (en particulier chez les cadres), souvent moins mobilisés par les salariées.
💡 Chez Figures, nous pensons aussi que ces différences de salaires injustifiées pourraient découler de l’absence de grille de salaire et de revues de salaires régulières. En effet :
- Une grille de salaires constitue un référentiel commun pour fixer les rémunérations et allouer les augmentations de façon équitable. Elle permet de limiter les biais qui minent les politiques de rémunération.
- Des campagnes de révision salariale périodiques garantissent pour leur part la cohérence des rémunérations sur la durée et évitent que les différences de salaires indues se creusent.
En tant que Responsable C&B, RH ou dirigeant, vous avez donc des leviers concrets à actionner pour assurer l’équité salariale dans votre entreprise.
Où en seront les écarts salariaux hommes-femmes en 2026 et après ? Les projections.
En 2026, il existe encore des écarts salariaux importants entre les femmes et les hommes en France.
Des évolutions législatives pourraient pourtant changer la donne…
L’évolution des écarts de salaires femmes-hommes : des prévisions en demi-teinte
📉 Selon l’INSEE, entre 1995 et 2023, l’écart de salaire entre les hommes et les femmes en France a diminué d’un tiers.
Alors qu’en 1995 les femmes gagnent un revenu annuel moyen inférieur de 34 % à celui des hommes, cet écart est de 22 % en 2023.
Champagne ? Pas si sûr…
🚨 A un tel rythme, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ne sera atteinte qu’en 2167, soit dans près de 150 ans.
Alors, que faire pour accélérer les choses ?
En France, plusieurs lois et dispositifs s’attaquent déjà aux causes des inégalités professionnelles et salariales femmes-hommes.
Pensons par exemple à :
- L’Index de l’Égalité professionnelle femmes-hommes (Index EgaPro) qui oblige les organisations à calculer, rendre publiques et corriger les différences de salaires entre les genres en interne ;
- L’obligation d’atteindre un quota de 40 % de femmes cadres dirigeantes dans les grandes entreprises d’ici 2030 (Loi Rixain) ;
- L’allongement du congé paternité de 14 à 25 jours (plus 3 jours de congé naissance) pour rééquilibrer les tâches parentales ;
- L’obligation pour les entreprises dotées d’organisations syndicales de mener une négociation sur l’égalité professionnelle femmes-hommes périodique (NAO).
👉 Cet arsenal législatif sera complété dès juin 2026 par une nouvelle réglementation sur la transparence salariale issue de l’UE et visant à parvenir plus rapidement à l’égalité hommes-femmes au travail.
Qu’attendre de la nouvelle réglementation sur la transparence et l’équité salariale femmes-hommes ?
La Directive européenne sur la transparence salariale du 10 mai 2023, transposée en droit français au plus tard en juin 2026, devrait rebattre les cartes en matière d’égalité salariale femmes-hommes.
Cette nouvelle réglementation va en effet venir renforcer le cadre légal en matière de transparence des salaires. Elle devrait notamment modifier et consolider l’Index EgaPro.
Concrètement, en tant qu’employeur à partir de l’été 2026, vous devrez :
- Évaluer et rendre publics les écarts salariaux entre vos salariées et vos salariés. Mais aussi justifier, sur la base d’éléments factuels et non discriminatoires, ces différences salariales.
- Prendre des mesures correctives pour supprimer les disparités de rémunération non expliquées par des critères objectifs et non sexistes lorsque ces écarts sont supérieurs à 5 %, au risque de supporter une amende administrative.
- Communiquer aux salariés qui le demandent la fourchette de salaire correspondant à leur poste en interne et les critères pris en compte pour fixer les salaires et les augmentations.
- Indiquer le salaire dans vos offres d’emploi (ou une fourchette) et ne plus demander leur historique de rémunération aux candidates et candidats.
Ces mesures devraient vous inciter à lutter efficacement contre les écarts de salaires hommes-femmes au sein de votre organisation.
💡 D’ailleurs, en 2026, selon une étude réalisée par Alixio et rapportée par BFMTV, 11 % des entreprises ont prévu d’augmenter leur budget dédié au rattrapage des écarts salariaux entre les femmes et les hommes, contre seulement 3 % en 2025.
L’espoir d’une accélération de la réduction des écarts salariaux entre les sexes, en 2026 et au-delà, est donc permis.
Alors, ferez-vous partie des bons (et prévoyants) élèves qui sauront se mettre en conformité avec la réglementation dans les temps ?
👉 Notre conseil : anticipez et passez à l’action dès à présent.
Climat social, engagement collaborateur, attractivité, bonne gestion budgétaire, conformité, etc. : vous avez tout à y gagner ! Besoin d’un vrai coup de pouce et d’un allié pour garantir l’équité salariale et la transparence dans votre entreprise simplement et sur la durée ?
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Écarts salariaux femmes-hommes : vos questions courantes (FAQ)
Vous avez encore des questions à propos des écarts salariaux entre les femmes et les hommes ? On fait le point.
Pourquoi dit-on que les femmes gagnent moins que les hommes ?
On dit que les femmes gagnent moins, car leur revenu salarial annuel est inférieur de 22,2 % à celui des hommes. Cette inégalité salariale est principalement due à un accès inégal aux postes les mieux payés et à une différence de temps de travail liée à la charge domestique.
Comment est calculé l’écart salarial entre les femmes et les hommes ?
L’écart salarial global entre les femmes et les hommes est calculé en rapportant le revenu annuel moyen des femmes sur celui des hommes. Par exemple, en 2023, le salaire annuel moyen des salariées est de 21 340 euros et celui des salariés de 27 430 euros. Le salaire des femmes correspond donc à (21 340 €/27 430 €) x 100 = 77,8 % de celui des hommes. Résultat, l’écart salarial entre les collaborateurs des deux genres est de 100 % - 77,8 % = 22,2 % (le revenu des hommes représente 100 %).
Quelles sont les inégalités salariales entre les hommes et les femmes ?
Dans le secteur privé :
- L’écart salarial global entre les femmes et les hommes (tous postes et temps de travail confondus) est de 22 % en 2023.
- L’écart salarial à temps de travail égal entre les femmes et les hommes est de 14 % en 2023.
- L’écart salarial à temps de travail et emploi égal (même entreprise, même poste) entre les femmes et les hommes est de 4 % en 2023.
Dans la fonction publique :
- L’écart de salaire à temps de travail égal entre les femmes et les hommes est de 12 % en 2023.
- L’écart de salaire à poste égal entre les femmes et les hommes est de 3 % environ en 2023.
Existe-t-il encore un écart salarial entre les sexes en 2025 ?
Oui, en 2025 il existe un écart salarial d’environ 22 % entre les femmes et les hommes en France. Dans le monde, cet écart de salaire entre les sexes est estimé à 20 % environ.
Quel est l’écart salarial non ajusté entre les sexes ?
L’écart salarial non ajusté entre femmes et hommes correspond à l’écart salarial global femmes-hommes. En France, en 2023, il est de 22,2 % selon l’INSEE.
Quel sera l’écart salarial entre les sexes en 2026 ?
En 2026, l’écart salarial entre les femmes et les hommes pourrait se réduire grâce à des mesures comme la transparence des salaires.
La Directive européenne sur la transparence et l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes, en vigueur en France à partir de juin 2026, devrait contribuer à une réduction des écarts salariaux femmes-hommes.
Écarts de salaires femmes-hommes : les sources.
INSEE, « Écart de salaire entre femmes et hommes en 2023 »
Observatoire des inégalités, « D’où vient l’écart de salaires entre les femmes et les hommes ? »
INSEE, « Formation et emploi »
INSEE, « Les salaires dans la fonction publique de l’État en 2023 »
Association femmes ingénieures, « Nouvelle édition de l’Observatoire des Femmes Ingénieures »
INSEE, « Les inégalités salariales entre les femmes et les hommes mesurées par l’Insee » (PDF)
Service public, « Transparence des salaires : ce qui va changer »






